Qu'êtes-vous prêt(e) à faire pour devenir ex-émétophobe?
Pendant un certain temps, j'ai cru que la guérison de l'émétophobie viendrait le jour où je n'aurais plus peur de vomir.
J'attendais le moment où l'anxiété disparaitrait, où je me sentirais enfin prête à vivre normalement.
Ce jour n'est jamais arrivé.
Ce que j'ai découvert, comme plusieurs autres personnes ayant souffert d'émétophobie, c'est que la question n'est pas : « Comment faire disparaître ma peur? »
La véritable question est plutôt : « Qu'est-ce que je suis prêt à faire malgré ma peur? »
Êtes-vous prêt à ressentir de l'anxiété et à ne pas l’apaiser immédiatement?
La plupart des émétophobes cherchent à éviter l'anxiété à tout prix, et ce par des rituels et des évitements.
Pourtant, l'anxiété n'est pas dangereuse. Elle est désagréable, parfois très intense, mais elle n'est pas dangereuse.
Malheureusement, il est difficile de réduire une phobie sans accepter de ressentir un certain niveau d'inconfort.
Vouloir guérir sans jamais supporter la présence d'anxiété revient un peu à vouloir apprendre à nager sans entrer dans l'eau.
Êtes-vous prêt à abandonner certaines sécurités?
L'émétophobie s'accompagne souvent de nombreux comportements destinés à se rassurer :
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Vérifier constamment les dates de péremption;
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Éviter certains aliments;
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Surveiller les moindres sensations de son estomac;
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Rechercher des informations médicales de façon excessive;
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Demander fréquemment à ses proches s'ils sont malades;
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Désinfecter de façon excessive. Et vous savez que ce n’est qu’une portion de la liste, ce n’est que quelques exemples!
Ces comportements procurent un soulagement temporaire, mais entretiennent souvent la peur à long terme.
Êtes-vous prêt à diminuer progressivement certaines de ces sécurités?
Êtes-vous prêt à accepter l'incertitude?
C'est probablement l'un des plus grands défis. Ce fut mon plus grand défi personnel, accepter de ne pas avoir le plein contrôle!
Aucune personne sur Terre ne peut vous garantir que vous ne vomirez jamais.
Aucun médecin, aucun thérapeute et aucun expert ne peut offrir cette certitude.
La vie comporte toujours une part d'incertitude.
Guérir de l'émétophobie ne signifie pas obtenir la garantie que rien n'arrivera. Cela signifie apprendre à vivre même lorsqu'on ne possède pas toutes les réponses.
Êtes-vous prêt à arrêter d'attendre le moment parfait?
Plusieurs personnes reportent leur démarche :
« Je commencerai lorsque je serai moins stressé. »
« Je commencerai lorsque la gastro sera terminée. »
« Je commencerai lorsque j'aurai davantage confiance en moi. »
Malheureusement, le moment parfait n'existe généralement pas.
Chaque année passée à attendre est une année où la phobie continue d'occuper de la place.
Êtes-vous prêt à vivre davantage?
L'émétophobie ne se limite pas à la peur de vomir.
Elle peut parfois voler des voyages, des sorties, des repas au restaurant, des projets de grossesse, des relations amoureuses, des études ou des opportunités professionnelles.
La question devient alors importante :
Que vous coûte votre peur?
Et surtout :
Que pourriez-vous retrouver si elle occupait moins de place dans votre vie?
Une question à méditer
La plupart des émétophobes se demandent :
« Suis-je prêt à vomir? »
Mais ce n'est peut-être pas la question la plus utile.
La question qui a changé ma vie a été celle-ci :
Suis-je prêt à continuer à laisser ma peur décider à ma place pour les 5, 10 ou 20 prochaines années?
Pour moi, la réponse a fini par être non...C'est le jour où j'ai décidé que je ne voulais plus attendre sa disparition pour commencer à vivre À lire:Le jour où tout a basculé
C'est à partir de ce moment que les choses ont commencé à changer.