Émétophobie : quel état d’esprit pour s’en sortir?
J’aimerais vous apporter ici quelques pistes de réflexion pour vous aider à vous placer dans un état d’esprit (mindset) qui peut favoriser le changement ou, à tout le moins, diminuer les conséquences de l’émétophobie dans votre vie.
Je pars de la base que :
- Chaque personne qui souffre d’émétophobie est unique et ne part pas du même endroit.
- Vous êtes suffisamment fonctionnel pour pouvoir vous arrêter quelques minutes, de temps en temps, afin d’y réfléchir. Certaines personnes vivent également avec une dépression majeure, des idées noires, un TOC important ou d’autres problèmes de santé mentale qui peuvent rendre le passage à l’action extrêmement difficile. Dans certaines situations, une aide professionnelle et parfois un traitement médical peuvent être nécessaires pour retrouver suffisamment d’espace mental pour amorcer ce travail.
- Vous désirez vous en sortir et vous croyez qu’un changement est possible.
Voici, en vrac, quelques phrases qui décrivent l’état d’esprit que MOI, j’ai dû intégrer progressivement pour devenir ex-émétophobe.
- Comprendre que je ne suis pas responsable d’avoir développé l’émétophobie, mais que je peux contribuer, malgré moi, à la maintenir. Me responsabiliser m’a redonné du pouvoir.
- Accepter que mes pensées ne sont pas des faits. « Je vais vomir », « je ne serai pas capable », « ce serait épouvantable » sont des prédictions, pas des certitudes. Moi qui croyais que mon cerveau était fiable! Hahaha!
- Comprendre que chercher constamment à me rassurer entretient le problème.
- Arrêter d’attendre de ne plus avoir peur pour commencer à vivre.
- Accepter qu’un certain inconfort est nécessaire pour progresser. C’est difficile, je sais.
- Comprendre que l’évitement soulage aujourd’hui, mais renforce la peur pour demain.
- Cesser de chercher LA méthode, LE thérapeute ou LE truc qui me guérira sans que j’aie à affronter ma peur.
- Comprendre que personne ne peut faire le travail à ma place. Mon implication active est indispensable.
- Ne plus mesurer mes progrès uniquement à mon niveau d’anxiété, mais à ce que je réussis à faire malgré elle.
- Accepter que progresser ne signifie pas ne plus jamais avoir peur ou ne jamais reculer. Et accepter que ça prendra du temps!
- Viser la liberté plutôt que le contrôle absolu du vomissement.
- Et probablement le plus important : je n’ai pas besoin d’être certaine que je ne vomirai pas pour être capable de vivre normalement. Bref, accepter l’incertitude. Le point culminant!
Chaque petit geste fait pour avancer est significatif. Allez vers celui qui vous offre le moins de résistance pour commencer.
Bonne réflexion,
Nathalie
Ex-émétophobe