La dissonance cognitive vers la réévaluation cognitive: j’ai utilisé cette méthode pour guérir de l’émétophobie

La dissonance cognitive vers la réévaluation cognitive: j’ai utilisé cette méthode pour guérir de l’émétophobie

La dissonance cognitive vers la réévaluation cognitive: j’ai utilisé cette méthode pour guérir de l’émétophobie

Nous vous rappelons que ces chroniques sont à titre informatif et réflectif et ne constituent pas un avis médical d’aucune sorte.

Je suis guérie de l'émétophobie depuis environ aujourd'hui 7 ans ce fut un processus qui a duré environ 2 ans. Par contre, j’ai fait une grande préparation depuis plusieurs années. Je suis une grande lectrice de livres sur le développement personnel et sur le succès.

 Les membres du groupe Émétophobie: peur à en vomir me demande souvent comment j'ai fait pour guérir et j'essaie d'analyser le plus possible les processus que j'ai utilisés parce que, oui, je me suis guérie moi-même en grande partie mais avec également beaucoup de lecture et beaucoup d'actions et aussi beaucoup de confrontations, d’exposition (je devais lire toutes les publications du groupe facebook privé avant de les publier et de décider si j'allais les publier ou non). 

Un des nombreux trucs que j’ai utilisés durant mon processus de guérison fut le la dissonance cognitive et réévaluation cognitive .  

C’est quoi la dissonance cognitive?

La dissonance cognitive se produit lorsqu'une personne est confrontée à des informations ou des expériences qui sont en conflit avec ses croyances ou certitudes existantes, créant ainsi un inconfort psychologique. Pour réduire cet inconfort, l'individu peut commencer à remettre en question ses croyances et à considérer des perspectives alternatives.

La réévaluation cognitive est la phase où l'individu commence à intégrer ces nouvelles perspectives, modifiant progressivement son système de croyances pour le rendre plus cohérent avec les nouvelles informations ou expériences. Ce processus est souvent lent et nécessite une ouverture d'esprit ainsi qu'une capacité à tolérer l'incertitude et le doute.

Ces concepts sont largement étudiés en psychologie, notamment dans les théories de la cognition et du changement de comportement.

Un outil des thérapies cognitivo-comportementale TCC

Oui, la réévaluation cognitive fait partie intégrante des thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Les TCC sont des approches thérapeutiques qui visent à identifier et à modifier les pensées, les croyances et les comportements dysfonctionnels ou négatifs.

Dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), le travail porte sur l’identification, le questionnement et la réévaluation des croyances dysfonctionnelles qui influencent les réactions émotionnelles et les comportements. Concrètement, cela se fait en mettant en perspective les interprétations du patient avec des informations plus réalistes, des hypothèses alternatives ou des expériences vécues servant de points de comparaison.

Cette démarche peut entraîner un inconfort cognitif temporaire, lié au fait de remettre en question des certitudes profondément ancrées. Toutefois, l’objectif des TCC n’est pas de créer cet inconfort, mais bien de soutenir une réévaluation progressive, volontaire et fonctionnelle des croyances, afin de favoriser des réactions émotionnelles plus proportionnées et des comportements mieux adaptés à la réalité.

Par exemple, un thérapeute pourrait aider un patient souffrant d'anxiété à reconnaître que ses pensées catastrophiques (comme "tout va mal se passer") ne sont pas fondées sur des preuves solides. En encourageant le patient à explorer des perspectives alternatives et à tester ces nouvelles croyances dans la vie quotidienne, le thérapeute aide le patient à réduire sa dissonance cognitive et à adopter des schémas de pensée plus réalistes et moins anxiogènes.

Ainsi, le processus de réévaluation des croyances, souvent en réponse à une dissonance cognitive, est un mécanisme pour aider les individus à surmonter leurs difficultés psychologiques.

Dans la vraie vie, ça peut avoir l’air de quoi?

Il y a plusieurs façons d’utiliser le réalignement cognitif. Voici un exemple que moi j’ai utilisé (sans psychologue, c’est mon expérience personnelle analysée après guérison): 

Initialement, en tant qu' émétophobe, je percevais tous mes malaises digestifs comme étant un signe imminent de gastro. Donc, dès que mon estomac ou mon intestin avait ‘’une activité’’ quelle qu'elle soit, je percevais le tout comme étant anormale et directement liée à une gastro certaine.  Cette croyance crée souvent chez les émétophobes une réaction anxieuse intense à chaque symptôme, amplifiant la peur et du même coup l’inconfort.

Douter de vos certitudes

En commençant à remettre en question cette croyance que j’avais, en reconnaissant que tous les maux de cœur ou de ventre, gargouillis, gazouillis du système digestif, sentiment de pression dans le ventre, brassage interne, gaz et autres ne sont pas nécessairement liés à une gastro, j’ai initié un processus de réalignement cognitif.

En modifiant ma perspective pour adopter l'idée que ces symptômes sont "innocents jusqu'à preuve du contraire" ou ‘’normaux’’ jusqu’à preuve du contraire, j’ai  progressivement diminué la dissonance cognitive et l'impact négatif de la phobie. Ce changement de croyance permet de réaligner les réactions émotionnelles et comportementales de manière plus rationnelle et moins anxieuse, ce qui est précisément l'objectif des thérapies cognitivo-comportementales lorsqu'elles traitent des phobies ou des croyances irrationnelles. Après un certain temps, lorsque mon intestin ‘’grouillait’’ je me disais: ‘’et bien, j’ai une selle qui se déplace…’’ tout simplement. J’avais acquis l’idée que le système digestif a une vie en soi, qu’il est vivant et qu’il bouge, travaille à la digestion, contracte et transporte ma nourriture et que ce n’est pas toujours la gastro! En fait, c’est très rarement la gastro…

J’ai fait ce processus avec tellement d’autres croyances reliés à l’émétophobie dont je souffrais! Une croyance à la fois. Un pas à la fois. Ce ne fut pas une guérison instantanée, mais un long marathon.

Pour résumer

Croyance → douter de cette croyance et formuler une interprétation alternative : peut mener à un inconfort intérieur transitoire (dissonance cognitive)

Réévaluation cognitive en continue et volontaire (inconfortable mais tolérable) → Changement des croyances initiales dysfonctionnelles en croyances plus justes et moins anxiogènes.

Bref, il ne s’agit pas de te convaincre par répétition forcée, mais de tester progressivement de nouvelles interprétations dans ta vie, jusqu’à ce que ton cerveau intègre, par l’expérience, des réponses plus réalistes et moins anxiogènes pour toi.

Bon courage

Nathalie Thibault, Microbiologiste agréée, ex-émétophobe

 

Retour au blog

Laisser un commentaire