Ex-émétophobe face à la nausée: mon expérience réelle

Je suis ex-émétophobe et j’ai fait face à une indigestion : comment ça s’est passé?

Bonjour à vous tous, avant de poursuivre votre lecture je veux vous avertir qu’il y aura des détails qui pourraient augmenter votre anxiété. Alors, si vous n’êtes pas prêts, reportez votre lecture à plus tard.

Pour les autres, vous poursuivez car vous aimeriez savoir comment une personne ex-émétophobe s’en sort lorsqu’elle est réellement confrontée à l’imminence de vomir.

Être ex-émétophobe ne signifie pas ne plus jamais avoir peur

Petit récapitulatif, je suis ex-émétophobe depuis environ 2018, j’ai pas de date exacte. Et oui j’ai été malade en 2019, une fois, et rien, absolument rien depuis. On est quand même en 2026! Imaginez-vous si j’étais encore émétophobe, j’aurais passé entre 2019 et 2026 à me stresser inutilement! 7 x 365 jours = 2555 jours! C’est pourquoi je vous encourage à travailler votre phobie, ça en vaut vraiment la peine!

Sept ans sans vomir : 2555 jours que j’aurais pu passer à m’inquiéter

Pour moi, la phobie c’est de dépenser de l’énergie à s’inquiéter ENTRE les épisodes réelles de vomissements, éviter pleins de situations sociales normales et intéressantes d’une vie riche, être rempli de petits rituels d’évitement et de rituels censés nous protéger contre la possibilité de vomir.

Quand une ex-émétophobe pense réellement qu’elle va vomir

Et bien il y a quelques semaines, j’ai réellement fait une indigestion. Je ne me rappelle même plus ce que j’avais mangé, mais ce n’est pas important, je ne digérais vraiment pas bien. Je dormais et je rêvais que je vomissais et en sursaut je me réveille avec effectivement un gros mal de cœur. Tu sais le mal de coeur que tu te dis: ‘’Ça y est, j’y passe!’’

Première réaction : la peur de vomir revient instinctivement

La première réaction est instinctive, j’ai paniqué. Oh my god, je vais vomir.
Je me suis levée et me suis rendue à la salle de bain. Je suis resté là devant le bol attendant le moment fatidique. Mes émotions étaient dans le tapis, j’avais peur, je ne me sentais vraiment pas bien et j’avais peine à respirer.

Deuxième réaction : accepter la peur plutôt que la combattre

La deuxième réaction est réfléchie, je me suis ressaisi. Quoiqu’il arrive je saurai y faire face, je ne suis plus émétophobe et j'ai accepté le risque de vomir un jour, et bien le voilà.
J’ai commencé à faire de grandes respirations et à accepter ce qui allait probablement se passer. J'accueillais ce qui se passait en moi et ‘’prenait soin’’ de moi avec bienveillance. C’est normal de ne pas aimer cela, c’est normal d’avoir peur et d’avoir du dégoût.

Avoir peur de vomir ne signifie pas nécessairement être émétophobe

Note : Ce n’est pas parce qu’on a peur le moment venu (dans l’imminence d’un vomissement) que l’on est émétophobe. Je n’ai plus de phobie, mais j’ai encore peur quand vient un moment V. Une peur normale, gérable et franchement vivable. Je me dis ex-émétophobe car pendant les 7 ans entre deux vomissements, je n’y ai pratiquement pas pensé, je n’ai plus de rituels, je n’ai plus d’évitement. Je reste toutefois microbiologiste, donc je continue à me laver les mains les moments recommandés par les spécialistes en prévention et contrôle des infections!

Comment j’ai traversé cette forte nausée

Bref, j’avais vraiment mal au cœur, mais rien ne venait. Je ne pouvais pas rester dans le froid toute la nuit à attendre! J’ai pris une grande serviette, me suis recouché sur le dos et surélevée, j’ai mis ma main sur le ventre et l’autre sur le cœur et je respirais lentement. Je me suis endormie. Le lendemain matin, tout était ok.

Ce que cette expérience m’a appris sur l’émétophobie

Cette situation de dit que:

  • Une ex-émétophobe peut avoir peur le jour venu, j’ai le droit et c’est ok.
  • J’ai acquis des trucs de contrôle de respiration qui m’ont aidé.
  • Accueillir la situation qui se passe dans l’instant présent est puissant.
  • Je suis ex-émétophobe car pendant 7 ans, le vomi n’a pas contrôlé ma vie, mes choix.
  • Ça vaut vraiment la peine de travailler sa phobie.

Je vous souhaite tout le courage nécessaire pour travailler à guérir de votre phobie.

Nathalie Thibault, ex-émétophobe

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