Vivez le rêve d’une ex-émétophobe : Voyager sans anxiété
Peut-on vraiment guérir de l’émétophobie ? Plusieurs personnes qui souffrent de cette phobie spécifique se demandent si une vie sans peur de vomir est possible. Voici le témoignage concret d’une ex-émétophobe qui a pu voyager, manger, dormir à l’hôtel et affronter des situations déclencheuses sans anxiété.
2019, environ 1 an après m’être déclaré ex-émétophobe.
J’ai accepté une escapade aux USA de 1350 km aller et autant pour le retour soit 2700 km et cela dans moins de 4 jours! Une gang de fous. J’allais y entendre des conférenciers sur le développement personnel, le succès et les affaires.
2700 km sans panique : affronter la route quand on a souffert d’émétophobie
13 heures de route aller, 13 heures de route retour! Ouch!
Mais j’ai fait cela comme une ex! Une ex-émétophobe et ce fut beaucoup plus plaisant.
Vers la fin du voyage, je me suis rendue compte que j’avais vraiment changée et ce, très profondément depuis mon dernier voyage. J’ai vécu ce voyage de manière tellement zen que je trouve même ça louche…vous comprenez ce que je veux dire? hi hi
Le stress avant départ chez l’émétophobe
Premièrement, le stress d’avant départ, vous le connaissez ce stress? Vais-je être malade avant le départ, ce qui pourrait compromettre tout le voyage. Vais-je être malade pendant le voyage? En revenant? Et qu’est-ce que je fais si je suis malade durant la route (c’est quand même 13 heures de voiture en ligne avec 5 personnes à bord!)?
Accepter l’incertitude : il arrivera ce qu’il arrivera
Non, rien ou presque rien de ce stress avant départ. Quand ces questions m’ont effleurées l’esprit, je les ai chassées rapidement. Si je suis malade avant le départ, je resterai à la maison. Pendant? Ils m’endureront et prendrons soin de moi. Après? Ben coudons, je peux rien y faire à part mes précautions de base. Une bonne grosse dose de ouin pis, mélangé à du : il arrivera ce qu’il arrivera, on traversera la rivière quand on arrivera au pont et une préparation de base (Gravol, purell, etc.) Il faut dire qu’à l’époque, il me restait à jeter les Gravols expirées de mon sac à main et le désinfectant à main est un accessoire essentiel pour toutes personnes conscientes et intelligentes! (encore plus après la pandémie!)
La route? C’était cr….long mais j’ai écouté de la musique, placoté avec mes amis et dormi. C’est hot d’être zen comme ça! Je me suis même imaginé en valise, tirez moi dans le coffre et je ne bouge plus! Je m’écrase dans la voiture et je me relaxe. Au antipode de mon moi d’avant qui se tortillait d’impatience à chaque 100 km! J’ai pratiquement pas stressée sur les risques de la route...
Le stress de la bouffe
Rien, j’ai mangé ce que j’avais envie. Liberté! J’ai lavé mes mains avant de manger et j’ai offert mon désinfectant à mains à mes amis. Tout le monde était bien content que quelqu’un y ait pensé.
Les déclencheurs classiques de l’émétophobie
Après réflexion, voici les situations que j’ai répertoriée qui normalement auraient dû me faire paniquer durant ma vie d’émétophobe qui se sont déroulées durant le week-end et auxquelles AUCUNE ANXIÉTÉ n’a été ressentie :
On a attendu dans une foule à l’entrée du centre des congrès pendant plus d’une heure entassé comme des sardines. Un monsieur n'arrêtait pas de tousser en arrière de nous. (Une personne qui tousse quand on est émétophobe, on se dit tout de suite qu’il vomira.)
On était dans un centre d’environ 15 000 personnes.
Parfois, on était assis dans le milieu, impossible de se lever rapidement pour aller aux toilettes...
J’ai couché dans une chambre d'hôtel dont le ménage n’était pas totalement impeccable. Mais le lit est tellement moelleux!
J’ai vu des filles sortir une amie visiblement saoule d’un bar et ce, à la course... Ça avait l’air pressant de sortir...vous comprenez ce que je veux dire. J’ai même remarqué que son chandail était mouillé...
Mon amie a mentionné qu’elle avait mal au cœur vers la fin de l’aller...Je lui ai offert des Gravols à mâcher sans paniquer.
Bref, j’ai remarqué les situations où j’aurais dû normalement réagir, mais qui n’ont rien fait.
BEAUCOUP MOINS ÉPUISANT ET BEAUCOUP PLUS DE JOIE À L’INTÉRIEUR!
Peut-on vraiment guérir de l’émétophobie ?
Étais-je à l’abri de vomir? Non, pas plus pas moins que les 15 000 autres personnes qui étaient là. Ben je dirais moins de risques car moi je sais quand me laver les mains! Je suis ex-émétophobe mais je reste microbiologiste quand même!
Je vous souhaite à tous et à toutes de vivre cette paix intérieure, loin de la phobie et de l’anxiété.
Foire aux questions
❓ Peut-on vraiment guérir de l’émétophobie ?
Oui, il est possible de guérir de l’émétophobie ou, à tout le moins, de réduire significativement l’anxiété associée à la peur de vomir. Les approches les plus efficaces sont issues des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qui visent l’exposition graduée aux situations redoutées et la restructuration des pensées anxiogènes.
Les lignes directrices cliniques internationales, notamment celles du National Institute for Health and Care Excellence, recommandent la TCC pour les phobies spécifiques. Des données synthétisées dans le DSM-5-TR publié par l’American Psychiatric Association indiquent que les phobies spécifiques répondent généralement bien aux interventions structurées.
❓ L’émétophobie est-elle une phobie reconnue médicalement ?
Oui. L’émétophobie est classée parmi les phobies spécifiques dans le DSM-5-TR de l’American Psychiatric Association.
Elle se caractérise par une peur persistante, excessive et irrationnelle de vomir ou de voir quelqu’un vomir, entraînant des comportements d’évitement (restaurants, transports, foules, voyages, grossesse, etc.).
Bien que moins médiatisée que d’autres phobies, elle peut entraîner une détresse significative et une altération du fonctionnement social ou professionnel.
❓ Pourquoi l’émétophobie provoque-t-elle autant d’anxiété physique ?
La peur de vomir active le système nerveux autonome, particulièrement la réponse de stress (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien). Cette activation peut provoquer des symptômes digestifs réels : nausées, tensions abdominales, perte d’appétit.
La littérature scientifique en psychophysiologie montre que l’anxiété influence directement la motricité gastro-intestinale via l’axe cerveau-intestin (brain-gut axis), un concept largement documenté en neurogastroentérologie (Mayer, 2011, Nature Reviews Neuroscience).
Ainsi, plus la peur augmente, plus les sensations corporelles s’intensifient — ce qui entretient le cercle anxieux.