par amour stress et émétophobie

Émétophobie et stress chronique : ce que le livre « Par amour du stress » m’a fait comprendre

Je voudrais vous parler d’un livre que je suis actuellement en train de lire : Par amour du stress, de Sonia Lupien, et surtout du lien que je fais entre ce qu’elle explique et les personnes qui souffrent d’émétophobie, la peur intense de vomir.

Premièrement, je recommande cette lecture à tous. Je crois que comprendre le stress constitue une base importante pour les personnes vivant avec l’émétophobie. Je suis une lectrice aguerrie et je peux vous dire que ce livre est très, très bien écrit, facile à lire et remarquablement vulgarisé. Je le dévore!

Je ne suis rendue qu’à environ 25 % du livre et déjà, j’ai envie de vous en parler.

La recette du stress : CINÉ

Sonia Lupien, chercheuse en neurosciences et vulgarisatrice hors pair(mon opinion de formatrice!) présente quatre caractéristiques qui peuvent faire en sorte qu’une situation soit perçue comme stressante. Elle les résume par l’acronyme CINÉ :

  • C – Contrôle faible
  • I – Imprévisibilité
  • N – Nouveauté
  • É – Égo menacé

Elle propose notamment de « déconstruire » notre stress en examinant ces quatre facteurs.

En me reportant à l’époque où j’étais émétophobe(oui je suis guérie), je me suis rendu compte que j’en cochais pas mal!

C – Contrôle faible : je sentais que j’avais très peu de contrôle sur la possibilité de vomir ou de voir vomir quelqu’un autour de moi. Je pouvais contrôler certains de mes comportements, mais je ne pouvais quand même pas laver les mains de toutes les personnes que je rencontrais! J'essayais tant bien que mal de former toutes les éducatrices de la province de Québec à la prévention des infections mais rien ne me calmait. (je suis formatrice pour la petite enfance en prévention des maladies infectieuses germaction.com)

I – Imprévisibilité : ouch! C’est probablement là que ça se passait le plus pour moi. Vomir est tout sauf parfaitement prévisible. On ne peut jamais obtenir la garantie absolue que cela n’arrivera pas.

N – Nouveauté : plus ou moins dans mon cas. J’avais déjà vomi dans ma vie. Je savais ce que c’était.

É – Égo menacé : oui, particulièrement à l’idée de vomir devant d’autres personnes. Que vont-elles penser? Vont-elles être dégoûtées?

Bref, ce modèle m’a permis de mieux comprendre pourquoi la phobie de vomir pouvait générer autant de stress chez moi à l’époque et pourquoi elle peut être si anxiogène pour d’autres personnes aujourd’hui.

Stress aigu, stress chronique et mammouths

Sonia Lupien explique ensuite la différence entre le stress aigu et le stress chronique, notamment à l’aide de l’image de nos ancêtres confrontés à des mammouths.

Notre cerveau est avant tout un détecteur de menaces. Son objectif premier est de contribuer à notre survie, pas nécessairement de nous rendre heureux et parfaitement zen. C’est une réalité qu’il faut aussi apprendre à accepter.

L’émétophobie peut-elle entretenir un stress chronique?

C’est là que j’ai fait un autre parallèle important avec l’émétophobie.

Chez certaines personnes, la possibilité de vomir devient une menace qui revient continuellement. Et personne ne pourra jamais garantir à 100 % que vous ne vomirez plus jamais.

Lorsqu’on souffre d’émétophobie, cette possibilité peut donc être surveillée quotidiennement : chaque jour, chaque heure et parfois presque chaque minute. On peut avoir l’impression d’être constamment tout près de vomir ou de voir quelqu’un vomir, même lorsque le danger réel est faible.

Cette hypervigilance, cette anticipation et ce besoin de contrôler l’incertitude peuvent devenir extrêmement épuisants. C'est ça le stress chronique, la répétition d'un stresseur!

Sonia Lupien décrit également les effets possibles du stress chronique. Ouf… Pour avoir souffert d’émétophobie pendant près de 40 ans, je peux vous dire que cette partie m’a particulièrement interpellée. Mon corps en a mangé toute une!

Comment diminuer rapidement la réaction de stress?

J’ai hâte de poursuivre ma lecture, car l’auteure présente différentes façons de mieux s’adapter au stress, certaines ayant des effets plus immédiats et d’autres se travaillant davantage à long terme.

Parmi les stratégies mentionnées pour agir immédiatement sur la réponse de stress mais qui ne fonctionne que sur le court terme (mais ne règle en rien la source, donc utile mais limitée) :

  • faire de la respiration abdominale — le ventre doit gonfler;
  • chanter;
  • prier;
  • écouter de la musique;
  • rire;
  • s’entourer;
  • aider quelqu’un;
  • profiter du contact avec les animaux;
  • faire de l’activité physique, quelle qu’elle soit;
  • et surtout, apprendre à ne pas avoir peur de la réaction normale de notre corps face à un stresseur.

Cette dernière idée me semble particulièrement intéressante lorsqu’on parle d’émétophobie : avoir peur des sensations produites par l’anxiété peut parfois ajouter une deuxième couche de peur à la peur initiale.

Je vous reviendrai avec la suite de ma lecture et, surtout, avec mon interprétation de ce qu’elle peut nous apprendre sur l’émétophobie et la peur de vomir.

Nathalie Thibault ex-émétophobe

Pour découvrir le travail de Sonia Lupien :
sonialupien.com

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