Émétophobie et stress : quand l’anxiété provoque de vrais symptômes digestifs

Émétophobie : puis-je faire une gastro nerveuse causée par mon propre stress?

Émétophobie et stress : quand l’anxiété provoque de vrais symptômes digestifs

Bonjour à tous,

Dans mon processus de guérison, je me suis bien rendu compte que l’anxiété et le stress aigüe que je ressentais durant ma période d’émétophobie créaient beaucoup de symptômes réels et très incommodants. Aujourd’hui, ex-émétophobe, je peux vous dire clairement que durant ma phase d’émétophobie active, mes pensées ont nourri beaucoup beaucoup sinon tous mes symptômes que je croyais être le début d’une gastro. En fait, je n’ai eu que deux gastros officielles dans ma vie, la dernière il y a 22 ans, enceinte de mon deuxième enfant.

Dans une chronique précédente, je vous ai exposé le fait et les preuves scientifiques que le stress peut affecter les intestins et les faire « bouger » un peu plus vite. Bref, on peut avoir des diarrhées de stress! J’en ai fait souvent l’expérience et en fait encore l’expérience dans ma vie quand je fais face à des situations anxiogènes et que j’y suis mal préparée. Or, aujourd’hui, je comprends très bien que c’est le résultat du stress et non d’une gastro. Cliquez ici pour le lire.

Peut-on faire une « gastro nerveuse » causée par le stress?

La question suivante se pose : est-ce que je peux avoir des nausées, des hauts le cœur, voire même vomir de stress? La réponse courte est oui.

Les mécanismes physiologiques menant à des vomissements ou des nausées causées par le stress aigu sont connus du domaine médical et bien documentés, mais à la fois très complexes. Lors d’un stress réel ou imaginé d’un niveau très intense, ceci active le système nerveux autonome et l’axe qu’ils appellent HHS (Hypothalamus dans le cerveau, hypophyse et glandes surrénales), toutes trois impliquées dans la réponse au stress. Cette activation mène à une cascade de toutes sortes d’hormones : adrénaline, noradrénaline, cortisol, etc. Bref, la tempête hormonale totale intérieure! Ce qui mène le plus souvent à des nausées et plus rarement à des vomissements. Tout ça causé par une situation fortement anxiogène pour la personne. (pour les émétophobes, le vomi, vomir, voir quelqu'un vomir, etc)

Les vomissements causés par le stress sont reconnus comme un diagnostic en soi dans les manuels de gastroentérologie (en anglais). Beaucoup de troubles fonctionnels gastro-intestinaux le sont également. En fait, ça existe, mais c’est rare dans la population en général; toutefois, c’est un état réel, reconnu par la science.

Bref, je peux avoir des symptômes qui ressemblent à une gastroentérite simplement parce que je suis vraiment vraiment vraiment en stress.  Certains symptômes de la vraie gastroentérite virale ne peuvent pas provenir du stress, comme la fièvre. Il y a aussi beaucoup de différence de ''déroulement'' entre les deux. 

En quoi cette information peut-elle m’aider si je suis émétophobe?

Bien savoir que la simili gastro dont je pense souffrir peut provenir de mon état extrême de stress pourrait vous inciter à tenter de faire des actions pour diminuer celui-ci, comme des exercices de respiration, des techniques de détournement de l’attention, etc.

Connaître cette information, à savoir que mes symptômes viennent probablement de mon stress, pourrait m’aider à changer mon optique face à mes nausées. Ce n’est pas automatiquement infectieux. Pour ainsi rompre le cercle vicieux que tout émétophobe connaît!

Rompre le cercle vicieux peur,  symptômes, plus de peur chez les personnes émétophobes

Exemple : Je suis mise au fait que ma belle-fille est malade. J’ai peur, les pensées commencent, j’ai des petits symptômes et je m'auto-examine (mal au ventre, nausées, etc.), ce qui augmente encore plus ma peur, ce qui augmente encore l'intensité de mes symptômes… Vous savez très bien de quoi je parle, chers émétophobes. À la fin, on est brûlée et pas très fonctionnel. Et cette fausse gastro peut durer bien plus longtemps qu'une vraie gastro virale. 

Cette gastro nerveuse qu’on se crée, alors même qu’on n’a pas fréquenté cette personne et qu’elle est loin physiquement!

Quand je me suis aperçue que mes propres pensées étaient le moteur de mes malaises, je me suis dit qu’au moins, je n’allais pas me nuire et empirer la situation. Que j'allais arrêter de creuser en laisse tomber la pelle au moins. Ou que je devais arrêter de nourrir la bête. Ça a fonctionné graduellement, pas du premier coup, mais ça a fonctionné.

Quand des symptômes arrivaient, je me sentais plus en contrôle et plus compétente pour y faire face. Au fur et à mesure, j’ai diminué le nombre de gastro nerveuses dont je souffrais et ainsi mon état général s'est amélioré, me rendant plus ''disponible'' pour débuter d'autres actions sur ma route de la guérison.
Je vous souhaite aussi cette révélation.

Nathalie Microbiologiste, ex-émétophobe

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